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Oh ! rythme des jeunes

Par France Brunelle
Journal L’Union des Cantons de l’Est,
Mercredi 29 juillet 1964
Page 17

Connaissez-vous Les Tempêtes ?

De jour en jour, les orchestres et les jeunes interprètes de la chanson se multiplient au pays du Québec. Il y a dix ans à peine, quelle utopie c’eut été de penser à faire une carrière dans un métier pareil à moins de consentir à s’exiler – temporairement du moins – pour aller se faire un renom en Europe ou aux États-Unis. Et encore ! Tandis qu’aujourd’hui…
En février dernier, le monde du spectacle faisait une nouvelle acquisition: Les Tempêtes. Six mois de travail ardu, deux 45 tours (des compositions originales) : un orchestre plein de promesses était né. Ils étaient inconnus hier encore et peut-être seront-ils des vedettes demain. Deux frères, Steve et Marc Duguay, et deux amis, Paul Théroux et François Archambault ; deux guitares, une basse et une batterie : voilà Les Tempêtes.

Jusqu’ici, Les Tempêtes se sont produits à deux reprises devant les caméras de la télévision pour les émissions Bonsoir, Copains et Jeunesse d’aujourd’hui. Ils ont donné des concerts dans des salles de danse et dans des centres de loisirs. Durant leurs spectacles, en plus de leurs compositions, ils n’ont pas manqué de nous faire entendre les plus récents succès des Beatles.

Lors d’une brève entrevue, ils m’ont avoué que leur plus grand désir était d’atteindre la gloire. «Cependant, ont-ils dit, nous ne sommes pas pressés. Nous ne voulons pas brûler les étapes.» Ils avouent aussi accepter les conseils de leur gérant, monsieur Roger, et la critique, surtout lorsqu’elle est bonne. Encore là, monsieur Roger est d’un précieux secours… Et, pour réaliser leur plus cher souhait, ils prennent les bons moyens : le travail. Car, ils ne croient pas en la bonne étoile d’une personne ou d’un groupe. «Pour arriver, il faut bûcher, ne se permettre aucun repos», m’ont-ils révélé.

- Que voulez-vous avant tout en atteignant la gloire ? L’argent ?
- Pas du tout. Nous ne recherchons pas l’argent. Il ne fait pas le bonheur. Cependant, comme l’ont si bien dit le sage et notre père, nous croyons qu’il rend le malheur plus confortable, ont dit les frères Duguay.
Toujours curieuse, j’ai posé quelques questions à François, le batteur.
- Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la vie ?
- Taquiner les autres.
- Ce que tu détestes le plus ?
- Me faire taquiner…
Ce que je méprise le plus au monde est la folie de ceux qui croient dans les astres. Je pense que croire dans les astres est un désastre. Pour ma part, je suis persuadé que Les Tempêtes vont réussir : c’est écrit dans le ciel…

Les Tempêtes ne font pas beaucoup de sport. La musique et les études au collège monopolisent leurs énergies. Lorsque je leur ai demandé s’ils avaient de petites amies, ils ont répondu que non, mais qu’ils étaient ouverts à toute proposition respectable. Paul, le bassiste, muet jusque-là, m’a adressé un grand sourire.

Maintenant, tu connais un peu plus Les Tempêtes, ce nouvel orchestre qui se fraie actuellement un chemin dans le monde artistique. Peut-être les reconnaîtras-tu si tu les rencontres.